EGLISE D'IRAK EN DÉTRESSE

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"L’assassinat d’un chrétien dans la ville nord-irakienne de Kirkouk a provoqué l’épouvante parmi les fidèles du pays. Yacob Ashur Issa, 29 ans, simple travailleur, a été retrouvé décapité et mutilé le 16 mai 2011, car sa famille, sans ressources, n’avait pas réussi à trouver les 70.000 euros de rançon exigés. Les négociations ayant échoué, les ravisseurs ont torturé leur victime avant de la décapiter. La police a retrouvé son corps près d’un pont, ponctué de « marques horribles de torture ». Ses yeux avaient été arrachés. « Aucun être humain qui croit en Dieu et respecte la vie ne peut commettre de tels actes » , a déclaré Mgr Sako, archevêque chaldéen de Kirkouk. Le prélat a également exprimé son inquiétude pour le devenir de sa veuve et de ses trois enfants désormais sans père.

Lors d’un entretien avec l’AED, Mgr Louis Sako, a déclaré qu’il admirait que la foi de ses paroissiens soit en permanence vigoureuse, malgré tant de violence. " Au cours de toutes ces années, je n’ai jamais entendu parler de la conversion du moindre chrétien à l’Islam, malgré les multiples menaces" , a affirmé Mgr. Sako. En revanche, des musulmans viennent régulièrement dans son église pour se faire baptiser. " Mais je n’ai pas le droit de les baptiser. Il n’y a pas de liberté religieuse !"

L’archevêque chaldéen catholique d’Erbil, Mgr Bashar Warda, estime que la décapitation du jeune chrétien à Kirkouk visait à intimider les chrétiens. « Désormais, chacun paiera immédiatement la rançon. » Il suppose que des islamistes se cachent derrière ce crime, et a appelé les ecclésiastiques musulmans d’Irak à faire comprendre à leurs fidèles qu’un tel meurtre est un crime contre l’humanité et contre la foi. " Il est inconcevable que dans certaines mosquées, la haine contre les fidèles d’autres religions continue d’être prêchée" , insiste-t-il.

L’archevêque syro-catholique de Mossoul, Yohanna Petros Moshe, a en revanche déclaré à l’AED ne pas croire que des motifs strictement religieux résidaient derrière une telle violence. Pour les bandes criminelles, il est plutôt question d’argent. Mgr Moshe a toutefois attesté que les bandits pouvaient être instrumentalisés par des courants politiques radicaux. " Certains disent même que les criminels sont payés par les partis" , a-t-il ajouté.

Quel dialogue avec l’islam ?

Une délégation de l’AED se trouve actuellement en Irak, pour s’informer de la situation de l’Église dans le pays. Au cours de différents entretiens, tous les chrétiens irakiens interrogés ont exprimé des doutes quant au bon exercice du dialogue inter-religieux. Un prêtre, qui pour des raisons de sécurité ne souhaite pas être nommé, a déclaré après le meurtre : « Les musulmans nous parlent constamment de cohabitation paisible. Mais quelque chose comme ce meurtre arrive, et aucun ecclésiastique musulman ne le condamne. Que devons-nous en penser ? » Un autre prêtre a ajouté : " Il n’y a pas de dialogue inter-religieux. Quand nous voulons parler avec des chefs musulmans, ils viennent, prêchent et repartent. Mais ils ne nous écoutent pas."

Le maire d’une agglomération chrétienne a confié à l’AED que les chrétiens de son village, situé près du fief terroriste nord-irakien de Mossoul, se protègent par des murs de béton, des barrières routières et des gardes armées contre les terroristes et les criminels. « Nous supposons qu’il y a en Irak des courants politiques qui paient ces criminels pour qu’ils fassent la chasse aux chrétiens. » Il estime, comme Mgr. Warda, que certaines mosquées iraquiennes ne prêchent que l’intolérance. « Si j’abandonnais le christianisme, personne ne me poursuivrait pour me couper la tête. C’est la différence avec l’Islam".

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